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Journal Le Soleil 19 août 2004
La forte hausse du prix des maisons réduit l'accès à la propriété
MONTRÉAL (PC) —L'accessibilité à la propriété s'érode au Québec avec la hausse des prix,selon une étude réalisée par les Services économiques du groupe RBC, dont fait partie la Banque Royale.
L’étude rendue publique hier souligne que la construction de maisons neuves et la revente ont augmenté au deuxième trimestre de 2004, mettant fin à un déséquilibre de l'offre et de la demande qui caractérisait auparavant les marchés immobiliers du Québec. Cependant, les prix des maisons ont continué de grimper fortement, au rythme de 10,8% depuis un an, à un point tel que les économistes de RBC évoquent le spectre d'une chute de prix qui résulterait de l'éclatement d’une bulle immobilière.
« Malgré l'assouplissement des conditions du marché, les prix des maisons au Québec augmentent encore bien trop rapidement, ce qui laisse entrevoir une certaine activité spéculative, a précisé John Anania, économiste de RBC pour le Québec. L'augmentation des prix devra ralentir au cours des prochains mois pour éviter une correction plus tard. »
L’indice d'accessibilité de RBC pour le Québec — qui mesure la proportion du revenu des ménages avant impôts nécessaire pour payer les frais de propriété d'un logement s’est établi à 30,8 % au deuxième trimestre, soit son niveau le plus élevé en quatre ans. Cela correspond à un coût mensuel de 1129 $ (capital, intérêts, taxes et services publics) pour une maison individuelle moyenne, soit 5,3% de plus qu'au trimestre précédent.
L'indice est basé sur une mise de fonds de 25 % et sur un prêt hypothécaire de 25 ans, à un taux d'intérêt fixe de cinq ans. «L'amélioration de la situation démographique qui se caractérise par un solde migratoire positif constant, laisse supposer que le marché immobilier peut encore prendre de l'expansion, mais pas aussi vite», précisent les économistes de RBC. «La croissance des prix doit donc redescendre en dessous de 10%, sinon la province risque de connaître une forte correction. »
À Montréal, l'indice d'accessibilité atteint 31,2%, ce qui représente aussi le pire niveau en quatre ans et se traduit par un coût mensuel moyen de 1188$, soit 5,9% de plus qu'au trimestre précédent.
Le prix d'une maison individuelle à Montréal a crû de 13,4% depuis le deuxième trimestre de 2003.
« Même s'il reste encore du terrain à rattraper, des hausses de prix à deux chiffres sont maintenant trop fortes pour le marché montréalais devenu plus équilibré », précise l'étude.
« Les acheteurs pourraient refuser de payer des prix plus élevés et la baisse de la demande ferait chuter les prix, ce qui aurait les conséquences négatives typiques d'une bulle immobilière qui éclate. Si le risque d'un tel scénario est peu probable dans un proche avenir, le marché immobilier de Montréal montre assez dé signes d'effervescence pour justifier une mise en garde. »
L'accès à la propriété demeure néanmoins plus facile au Québec que dans le Canada dans son ensemble, où l'indice; s'établit à 31,7 %. Ce chiffre pour l'ensemble du pays demeure encore loin du niveau de 50 % atteint lors de la bulle immobilière de 1990.
Le coût moyen mensuel d'un logement au Canada a atteint 1332 $ au deuxième trimestre, soit 6,2% de plus qu'au trimestre précédent. Les coûts varient entre 955 $ dans la région de l'Atlantique et 1735$ en Colombie-Britannique.
Cette dernière province est la moins abordable, avec un indice d'accessibilité à la propriété de 43,1 %. À l'inverse, la région de l'Atlantique ainsi que la province de l'Alberta présentent les meilleurs indices, à 26,7 %. Dans les grandes villes, l'indice atteint 47,3 % à Vancouver, 37,2 % à Toronto et 31,6 °/o à Ottawa.
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